JEANNE SCHROETER

  • Son parcours l’a menée là où le droit rencontre des trajectoires de vie souvent complexes.

    Pendant près de six ans au Service de l’application des peines et mesures, d’abord comme juriste puis comme directrice adjointe, elle a travaillé au plus près de l’exécution des sanctions. Cette pratique quotidienne l’a confrontée aux limites de certaines réponses pénales, en particulier pour les jeunes adultes, à ce moment charnière entre minorité et pleine autonomie. Elle a ensuite exercé au Service de protection de l’adulte, dans des contextes humains sensibles où l’écoute, la nuance et la compréhension des dynamiques personnelles sont indissociables de l’analyse juridique.

    C’est de ces expériences de terrain qu’est née sa thèse, consacrée à la mesure de l’art. 61 du Code pénal dans une perspective de droit comparé autour de trois axes : le droit des sanctions pour adultes en Suisse, le droit pénal suisse des mineurs, et le droit pénal allemand des mineurs et jeunes adultes. D’abord grâce à une bourse du Fonds national suisse, elle s’est absentée de l’Université de Genève pour s’installer à Berlin, où elle est finalement restée près de quatre ans. Elle y a mené ses recherches, enseigné le droit pénal des mineurs — aux mineurs eux-mêmes et à de futurs agents de police — et participé à des projets liés à la médiation entre différents acteurs de la justice juvénile.

    Choisir aujourd’hui la voie du barreau n’est pas un aboutissement fortuit, mais une décision mûrie : celle d’exercer le droit au plus près des justiciables, dans la défense concrète de leurs intérêts. Avocate-stagiaire, elle aborde la profession avec conviction et engagement, déterminée à inscrire durablement son activité dans ce métier et à y mettre pleinement à profit un parcours transversal.

  • Probablement dehors. À la recherche du moindre rayon de soleil, persuadée que la vitamine D fait aussi du bien au cœur. Dans une eau un peu trop froide. Sur un balcon le matin, à prolonger le petit-déjeuner. Sur une terrasse à regarder tomber la nuit et passer les gens.

  • Il y a cette histoire d’un vieil homme vivant à côté d’une plage couverte d’étoiles de mer échouées. Chaque jour, il en ramasse quelques-unes, rame un peu plus loin et les remet à l’eau. On lui dit que cela ne changera rien, qu’il y en a des milliers. Il continue quand même.

    Pas pour tout résoudre. Pas pour renverser la marée. Mais parce que, pour chaque étoile qu’il remet à la mer, le geste compte.

    Le droit ressemble parfois à cela. On n’est jamais toute la machine. On en est un élément – un rouage parmi d’autres. Mais un rouage qui peut, à un endroit précis, au bon moment, infléchir le cours des choses. C’est cette responsabilité très concrète qui la motive.

  • Elle ne mange pas de sucre, mais elle est gentille quand même!